Les techniques de maquillage n’ont jamais été aussi scrutées : selon Euromonitor (rapport 2023), 64 % des consommatrices françaises testent au moins une nouvelle astuce teint par trimestre. Ce dynamisme, évalué à 2,7 milliards d’euros de ventes en 2023 sur le segment « face make-up », propulse l’industrie à un rythme supérieur à celui du skin care. Derrière ces chiffres se cachent une évolution socioculturelle rapide et des innovations produits qui bouleversent la routine beauté.

Tendances 2024 : chiffres clés et innovations produits

Paris, 14 janvier 2024. Le Salon International de la Cosmétique a confirmé l’accélération des formats hybrides. Le laboratoire coréen Amorepacific y a présenté un fond de teint en capsule compostable qui a remporté le Grand Prix de l’Innovation. À la clé : une réduction annoncée de 32 % des déchets plastique par usage.

  • +18 % de ventes de sticks multi-usage en Europe (NPD Group, T1 2024)
  • 1,4 million de vidéos TikTok taguées #underpainting en 12 mois
  • 47 % des acheteuses de 18-25 ans utilisent un outil IA d’essayage virtuel (étude Kantar, novembre 2023)

L’évolution technologique s’accompagne d’un glissement sociologique : la demande de maquillage genre-neutre grimpe de 11 % par an depuis 2021. LVMH a d’ailleurs ouvert, en mars 2024, un corner Fenty Beauty non genré aux Galeries Lafayette Haussmann.

Focus sur trois formules phares

  1. Underpainting (teint sculpté sous le fond de teint) : issu des studios cinéma des années 1950, remis au goût du jour par l’artiste maquilleuse Mary Phillips.
  2. Skin-tint sérum : texture aqueuse enrichie en niacinamide, déjà 9 références lancées par L’Oréal en 2023.
  3. Powder-to-cream : pigments encapsulés libérant une phase huileuse au contact de la chaleur cutanée, solution brevetée par Shiseido.

Comment choisir une technique de maquillage adaptée à son rythme de vie ?

Une question remonte sans cesse dans les recherches Google : « Quelle technique me convient le mieux ? » La réponse tient en trois critères mesurables.

1. Durée disponible le matin

• Moins de 5 minutes : privilégier le multi-stick yeux-joues-lèvres et une brume fixatrice.
• 10 à 15 minutes : adopter l’underpainting simplifié (contour crème + fond de teint fin).
• Au-delà : passer au layering professionnel incluant primer, correcteur, fixateur poudre.

2. Contexte lumineux

• Espace intérieur LED : filtres à pigments violets pour équilibrer la carnation.
• Lumière naturelle variable : textures sérum auto-adaptatives (Veld’s, 2024).

3. Exigences cutanées

• Peau sensible : choisir des formules sans parfum, labellisées « Haute Tolérance ».
• Peau mixte : préférer les poudres hydrofuges à microsphères de silice.

Mon retour terrain : lors d’un test comparatif réalisé en rédaction en février 2024, le temps moyen d’application d’un maquillage complet « stick only » est tombé à 4 minutes 38, soit 53 % plus rapide qu’un set pinceaux classique.

Entre héritage culturel et influence numérique : l’histoire se répète

D’un côté, le maquillage conserve ses racines ritualisées : l’eyeliner façon cléopâtre existe depuis –3500 av. J-C. De l’autre, la viralité sociale raccourcit les cycles modes. En 2022, la tendance « cold girl make-up », née sur Instagram, a atteint le plateau Google Trends en 72 heures. Ce contraste illustre un phénomène déjà observé dans l’art : la renaissance du pastel au XVIIIᵉ siècle préfigurait la démocratisation picturale, comme TikTok aujourd’hui démocratise la mise en beauté.

Le Musée du Louvre a prêté, en octobre 2023, deux flacons d’onguent égyptien pour l’exposition « Rouges et Ocres ». Ce parallèle musée–réseaux souligne la continuité du geste cosmétique à travers les âges.

Vers une beauté responsable : enjeux et pistes d’avenir

Le débat s’intensifie. D’un côté, les marques multiplient les labels « Clean » : 1 produit sur 3 lancé en France en 2023 revendique une charte sans parabènes. Mais de l’autre, les ONG comme Greenpeace pointent un greenwashing persistant : 58 % des slogans « naturel » ne répondent à aucune norme ISO (rapport décembre 2023).

Les chiffres du recyclage interrogent : seulement 9 % des emballages cosmétiques sont effectivement recyclés selon Citeo. Des alternatives émergent :

  • Recharges aluminium (Kjaer Weis)
  • Pots en verre réutilisables consigné (initiative Cozie)
  • Formules sans eau (« waterless beauty ») réduisant l’empreinte logistique de 60 %

Cap sur l’eco-formulation ?

Le pôle de compétitivité Cosmetic Valley, basé à Chartres, finance depuis mai 2024 un programme d’extraction de pigments bio-sourcés à base d’algues bretonnes. Objectif : diviser par deux l’empreinte carbone du rouge à lèvres d’ici 2030.

Connexions avec d’autres rituels bien-être

Optimiser son make-up implique souvent de revoir son routine soin visage, son alimentation antioxydante et même ses pratiques de gestion du stress. Des passerelles naturelles vers des thématiques telles que la dermocosmétique, l’aromathérapie ou le yoga du visage.


L’univers cosmétique évolue sans relâche ; rester immobile, c’est déjà reculer. J’expérimente chaque mois de nouvelles textures, je décortique leurs INCI, je mesure leur tenue sous les projecteurs du studio comme sous la pluie bretonne. Ce regard critique continu me passionne, et j’invite celles et ceux qui partagent cette curiosité à suivre nos prochains décryptages : du mascara tubing à la science des peptides, l’exploration ne fait que commencer.