Comment quitter mon job a changé ma vie

Coucou tout le monde! On traverse tous à un moment donné, une période de doutes, un passage à vide dans notre vie. Professionnel, amoureux ou financier, on se retrouve confronté à un accident de parcours, à un accrochage dans un destin pourtant tout tracé. C'est que j'ai vécu il y a pas loin de 5 ans, j'avais 24 ans. J'avais une vie tranquille, mon mec (qui n'a pas changé lui :), on vivait dans une jolie maison et j'avais un boulot. Un bon vieux cdi qui accorde sérénité et vie prospère, qui permet d'emprunter ou de louer. Cela faisait 4 ans que je faisais mes 35 heures routinières, sans trop me poser de questions. Et puis j'ai commencé à m'ennuyer. C'était répétitif, je ne me sentais pas valorisée, je regardais l'horloge de mon bureau toutes les 10 minutes alors que mes amies partaient à l'étranger ou finissaient leurs études. J'ai commencé à étouffer, à déprimer, à ne plus me reconnaître en fait. Je savais ce que je devais faire mais pour différentes raisons, le choix de tout plaquer était cornélien. Et puis un jour, j'ai tout lâché. Ras le bol, j'ai envoyé balader une situation tranquille pour l'inconnu complet. Je suis partie sans porte de secours. En fait, je ne savais pas ce que je voulais mais je savais ce que je ne voulais plus.

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Rapidement j'ai ressenti l'envie de me lancer à mon compte, ras le bol d'avoir à rendre des comptes et de ne pas pouvoir prendre d'initiatives. Je ne me sentais pas écoutée alors là en étant ma propre patronne, j'allais enfin pouvoir faire à ma guise (la pub dans la tête c'est cadeau). Au bout de quelques mois je me suis lancée, j'étais fière de moi et je le suis toujours d'ailleurs. J'ai ouvert un dépôt vente de fringues, je vendais ce que j'adorais et je bossais pour moi. Discuter avec les clientes, se battre pour se faire connaître, ne pas compter ses heures, le rêve de beaucoup d'entre nous. Et puis, j'ai commencé à sentir que ça n'allait pas. Vous allez dire "elle ne sait pas ce qu'elle veut celle la" et vous avez raison. J'étais dans une période de ma vie un peu bancale, je ne savais plus où aller, autant niveau professionnel que dans ma vie en général. 

Quelles étaient mes envies? Quels étaient mes rêves? Où est-ce que je voulais aller, dans quelle direction diriger ma vie? Est-ce que ce métier était vraiment fait pour moi? Je commençais à m'ennuyer, être sans collègue avec qui partager c'était difficile pour moi. Et puis quand on se lance à son compte, les fins de mois sont parfois rudes. J'avais l'impression de passer à côté de ma vie, de ne pas profiter, d'être toujours dans la mesure, le contrôle. Alors je me suis enfin demandée quels étaient les essentiels pour moi à avoir dans ma vie. Ça été dur, j'ai hésité mais j'ai pris la décision de tout arrêter. J'ai été très heureuse de m'accomplir seule, j'en avais besoin mais ça ne me correspondait plus au moment présent. J'avais envie de prendre ma vie en main, j'en avais marre de la voir défiler sans vraiment la vivre.

Entre deux entretiens d'embauche et rencontre avec ce cher conseiller pôle emploi, j'en avais du temps à ruminer et à tergiverser. Et puis une de mes meilleurs amies m'a annoncé la destination de son prochain voyage et là je me suis dit c'est maintenant ou jamais. C'était la destination de mes rêves, j'avais toujours eu envie d'y aller sans jamais franchir le cap. Quelques mois plus tard, nous avons décollées pour New York. Nous ne sommes parties que 10 jours mais en rentrant j'ai enfin eu ce sentiment que je cherchais depuis si longtemps. Ce sentiment de satisfaction, d'avoir enfin réalisé un de mes rêves, de pouvoir le rayer de ma To Do List (même si j'ai très envie d'y retourner). Un sentiment de paix intérieure aussi, quel bonheur de vivre quoi!

Après mon retour, j'ai écris sur une feuille quelles étaient mes priorités. Et je me suis rendue compte que j'avais envie de me poser. Paradoxal je sais, je plaque un cdi pour être "libre" et j'avais envie d'avoir un travail (qui me plaise bien sûr) mais à long terme. Je sais que ça va complètement à contre courant de la "tendance" du moment. On parle beaucoup de free-lance et de création d'entreprise. Et je trouve ça génial, quelle chance ont ces nanas (ou mecs hein) de pouvoir vivre de leur passion à leur propre compte, le rêve! Mais en fait j'ai réalisé que ce n'est pas pour moi. J'ai toujours ce goût d'entreprendre, j'ai toujours eu ce besoin de me surpasser, déjà dans mes études. Mais pas seule, j'ai besoin de collègues autour de moi pour échanger et progresser. J'ai aussi besoin d'être rassurée sur le plan financier. Ne plus douter sur le bouclage des fins de mois. Ça peut paraître trivial, j'ai conscience que ça va sûrement en horrifier certains. J'ai juste envie de dire dans cet article que chacun peut trouver sa voie, que rien n'est définitif et que vous avez le pouvoir ce qui vous convient ou pas.

Pour tout vous avouer, après avoir fermé mon magasin, bonjour la galère pour trouver du travail. La crise du chômage, tiens on est plus de 300 à postuler chez Ikea cool. J'ai bossé chez Cyrillus. Une expérience courte au goût amer mais qui avec le recul m'aura beaucoup appris (un jour je vous raconterai peut-être ^^). Et ensuite, comme je vous l'avais déjà dit je suis partie chez Mcdo (un jour je vous raconterai aussi, y'a de quoi faire). Ah ah moi qui disais toujours en rigolant, jamais moi vivante je bosserai là-bas. Drôle de choix, surtout que j'étais prise également à la CPAM (pour ne pas la nommer), avec un salaire nettement plus intéressant et des horaires beaucoup moins pénibles. Alors pourquoi Ronald? Parce que je suis accro aux frites. Parce que je me suis écoutée. Après avoir tellement doutée, je n'avais qu'une envie: me poser. Mcdo proposait un cdi, la CPAM deux cdd de 3 mois avant de peut-être être embauchée. Je ne voulais plus être dans le stress de savoir ce que j'allais devenir. Et finalement j'ai bien fait de suivre mon instinct puisque 1 mois 1/2 après je tombais enceinte! Alors autant vous dire que la CPAM m'aurait dit tchao hein, ne nous voilons pas la face.

Et au final, vous voulez savoir où je suis maintenant?... Je suis de nouveau dans la toute première boîte que j'ai quitté! Ouais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. C'est surtout que toutes ces expériences m'ont tellement permis de mûrir, d'apprendre sur moi même et de relativiser aussi. J'ai compris que l'herbe n'est pas toujours plus verte ailleurs, au contraire. Ou qu'elle était verte dès le départ mais que je n'étais pas prête pour le voir... Bref, voilà comment avoir quitté mon job a changé ma vie.

Et vous, avez-vous déjà été confronté à cette situation? Quel votre rapport au travail?

Source photo: Pinterest

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12 commentaires:

  1. Je te comprends tellement, après mon DUT j'ai eu direct un CDI là ou j'avais fait mon stage!! Le plus? je bossais chez mes voisins, je n'avais du coup aucun trajet et donc aucun frais et je vivais chez mes parents. Oui mais voilà j'ai pris ce CDI et abandonner mon idée de partir vivre à l'étranger et mes envies de découvertes. Je m'ennuyais à mourir dans mon bureau et ne voyais plus grand monde. Sans le dire à personne je me suis inscrite pour reprendre mes études, je suis partie à Montpellier un an mais la fac c'était pas pour moi... Je suis rentrée j'ai bossé et puis a force que tout le monde me dise "lance toi dans la pâtisserie" je l'ai fait et c'est vraiment un truc ou je m’épanouis de malade !!!!!! :D Il faut savoir prendre des risques, testé et ne pas regretter :D

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    1. Je suis entièrement d'accord avec toi, on ne trouve pas toujours sa voie tout de suite! Quand je pense que dès le lycée il faut que l'on choisisse ce qu'on veut faire de notre avenir, moi j'en savais strictement rien. Et puis tu as raison, c'est en essayant, en se trompant, en testant d'autres choses qu'on apprend à se connaître et à faire ce qu'on a envie de faire! Bisouu Julie!

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  2. Quelle beau parcours. Le mien est différent, j'avais un chouette boulot, un bon salaire mais la crise étant là. la boite a été fermé et tout le monde dehors.
    Je suis partie à mon compte sur un coup de tête et aucun regret. Par contre, les fins de mois ne sont pas toujours top.

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    1. Oui c'est vrai que c'est dur d'être à son compte, on doit vraiment se défoncer tout le temps et le système n'aide pas franchement mais ça c'est un autre sujet. En tout cas, ta boutique a l'air géniale et j'espère qu'elle va perdurer longtemps! Bisou

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  3. J'adore ton texte... il fais fortement écho à mon histoire professionnelle...

    J'avais un CDI (en Suisse donc bien payé en plus), mais je m'ennuyais à mourir (et j'avais un gros souci avec une collegue). J'ai décidé de reprendre une formation (à 25ans) pour faire un BTS dietetique. J'en ai chié pendant 1 an pour passer les cours et les exams en parallèle de mon boulot puis j'ai quitté mon job pour faire les stages et valider le diplome. J'ai eu ce diplome, puis mon mari a été muté (enfin équivalent quoi) au USA. Depuis Septembre je suis aux USA donc, impossible de bosser en tant que diet (il me faudrait une équivalence de diplome, obtenable en 3 ans d'études en plus) et... je me demande si je veux toujours faire ça en fait.
    Comme toi, c'est bien beau l'auto entrepreneuriat mais je crois que je suis aussi trop attachée à la sécurité, les collègues et les fins de mois pas trop compliquées (en tout cas moins qu'en libéral). Et qu'est ce qui me plait vraiment? le job que je faisais en CDI (mais sans cette collegue toxique)? Celui que je faisais encore avant? J'en sais rien....

    C'est super si tu as pu retrouver ton poste et que finalement cela te convient! Au moins tu auras essayé d'ouvrir ton business!

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    1. Coucou, déjà excuse moi de te répondre seulement maintenant. Je me suis retrouvée dans le même état d'esprit que toi? Qu'est-ce que j'avais vraiment envie de faire, où est-ce que je voulais aller. En écrivant noir sur blanc, ce que je voulais et ce que je ne voulais plus ça m'a aidé à y voir plus clair. En attendant j'ai essayé de profiter du reste, comme partir à NY. Il faut aussi s'aérer l'esprit, ne pas penser qu'à ça. Je t'embrasse et j'espère que tu trouveras ta voie. Bisou

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  4. J'adore ton article, c'est très inspirant. Il est préférable de quitter un poste qui ne nous correspond pas de manière volontaire (et pas à la suite d'une dépression ou d'un burn out lié au poste qui ne nous va pas). Ton énergie m'a donné le sourire ce matin. Bises,
    Maeve

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  5. Suite à une mauvaise expérience au travail je me suis dit que plus jamais je ne resterai et me bousillerai la santé pour un boulot! Bisou!

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    1. Un boulot qui met ta santé en péril n'est pas un job fait pour soi c'est clair. Bisou

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  6. Super témoignage, merci !! Moi j'en suis là, je déteste mon taf, je veux me lancer à mon compte (avec mon compagnon en fait) mais le projet n'avance pas car on n'a pas le temps... je m'use la santé derrière mon écran de PC et à stresser car je déteste ma chef et tout le reste...
    Je sais qu'un jour je partirai, pour avancer enfin sur le projet, mais quand, pas encore aujourd'hui !
    Et j'avoue que ton témoignage est motivant et va m'aider à avancer !
    Pour ne rien te cacher, je découvre ton blog car on veut partir à Tours (on est près de Paris), et j'ai du coup cherché les blogueuses de Tours par curiosité ;) et donc ravie de le découvrir via cet article !

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  7. Je me suis mal identifiée, alors petit clin d'oeil avec le lien de mon propre blog ;)

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